Olivia Maurel en Colombie (communiqué de presse en français)

Communiqué de presse – Bogota, 15 août 2026

Olivia Maurel en Colombie : une mobilisation en faveur du projet de loi déposé le 13 août et visant à abolir la gestation pour autrui en Colombie

Résumé     

C’est en Colombie qu’Olivia Maurel, née d’une gestation pour autrui (GPA) et porte-parole de la Déclaration de Casablanca, termine son séjour en Amérique du Sud. Après le Chili et l’Argentine, elle s’est rendue à Bogota du 13 au 15 août 2026.

Ce voyage s’inscrit dans le cadre du dépôt d’un projet de loi pour abolir la GPA en Colombie. La Colombie est en effet l’une destination les plus courantes pour le marché mondial de la GPA qui exploite des femmes colombiennes en situation de vulnérabilité.

Le témoignage d’Olivia et les travaux de nombreux experts mobilisés à l’occasion du dépôt du projet de loi ont rappelé que la protection de la dignité des femmes et des enfants doit constituer le fondement de toute politique publique dans ce domaine.

Le programme   

Le 13 août, Olivia Maurel s’est exprimée au Congrès de la République colombienne, où le projet de loi visant à interdire la gestation pour autrui était déposé le même jour. Elle a participé à un forum intitulé : « Le crime d’exploitation reproductive en Colombie », avec les interventions de:

– Olivia Maurel : « Discours d’ouverture : quand la loi décide qui elle protège »

– Juana Inés Acosta, professeure et directrice de la Clinique d’intérêt public et des droits humains à l’Université de La Sabana: « La gestation pour autrui sous l’angle de la Constitution et du Bloc constitutionnel ».

– Diana Sthefania Muñoz Gómez, professeure et chercheuse à l’Institut latino-américain de la famille (ILFARUS): « Les sept mensonges de l’altruisme en Colombie ».

– Juan Camilo Ramírez, avocat de l’Université des Andes, diplômé avec mention de l’Université de Notre Dame aux États-Unis : « Le statut juridique de la GPA en Colombie »

– Natalia Rueda, professeure de recherche à l’Université Externado de Colombie: « Que disent les contrats ? Le vécu des victimes de la gestation pour autrui en Colombie ».

– Bernard García Larraín, chef de l’Unité des affaires internationales et conseiller ministériel auprès du ministère du Développement social et de la Famille du Chili : « Aperçu international et l’expérience de la Déclaration de Casablanca ».

Voir la video du forum ci-dessous:

👉 Olivia au Parlement colombien 🇨🇴

Présentation du projet de loi visant à abolir la gestation pour autrui en Colombie   

Olivia a ensuite participé à la conférence de presse présentant  le projet de loi visant à abolir la gestation pour autrui en Colombie (voir les principales mesures de ce projet à la fin du communiqué).

Ce projet de loi, signé par 15 membres du Congrès de la République de Colombie issus de différents partis politiques, a été présenté par les députés Luis Miguel López, Carol Borda, David Cote et Darwin Castellanos Romero. Etaient également présents d’autres membres du congrès et les intervenants au forum.

David Cote a déclaré lors de la conférence de presse qu’il avait initialement été favorable à la gestation pour autrui altruiste et avait donc travaillé sur un projet en ce sens. Il a cependant reconnu que cette approche n’était pas la bonne et c’est pourquoi il s’est joint à cette initiative.

Université Externado de Colombie  

L’après-midi, Olivia était invitée par le Groupe de recherche en droit privé et le Département de droit civil de l’Université Externado de Colombie, pour donner une conférence intitulée : « Je suis né(e) par GPA : Implications personnelles et juridiques », offrant une perspective unique pour réfléchir sur la filiation, le droit à l’identité, les dilemmes bioéthiques et les tensions constitutionnelles engendrées par cette pratique. Elle est intervenue en compagnie de juges et d’universitaires prestigieux:

 14 août  

Le 14 août, elle a donné une conférence magistrale à l’Université de La Sabana, consacrée aux expériences internationales et aux débats contemporains sur la gestation pour autrui.

Puis elle s’est rendue à l’ambassade de France pour une réunion privée avec avec l’équipe consulaire.

L’après-midi, elle a pris part à l’Université Pontificale Javeriana à un panel académique sur le thème: « Dialogues sur la gestation pour autrui sous un angle médical », avant de se rendre disponible pour les médias.

Cette visite intervient dans un contexte particulièrement important pour la Colombie. En l’absence de législation spécifique en matière de gestation pour autrui, cette pratique s’est progressivement développée.

Face à cette situation, Olivia Maurel a contribué à sensibiliser les décideurs publics colombiens aux conséquences humaines de la gestation pour autrui et à encourager le projet de loi présenté le 13 août et visant à son interdiction.

A l’Université de la Sabana: Brenda Rocha Narváez, directrice de ILFARUS (Institut latino-américain de la famille de l’Université de la Sabana), Juan Fernando Córdoba, vice-recteur des professeurs et chercheurs de l’Université de la Sabana, Olivia Maurel, Bernard Garcia, conseiller du ministère du Développement social et de la Famille du Chili, Diana Sthefania Muñoz Gómez, professeure et chercheuse à l’ILFARUS, directrice du programme de troisième cycle de l’ILFARUS. 

À l’Université Pontificale Javeriana

Projet de Loi colombien interdisant « l’exploitation reproductive par la gestation pour autrui », déposé au Congrès le 13 août 2026. 

L’objet de ce texte, défini à l’article 1er, est d’interdire la pratique de la gestation pour autrui afin d’éliminer l’exploitation reproductive des femmes et la marchandisation des enfants.

L’article 3 crée une infraction pénale d’ “exploitation reproductive par gestation pour autrui”, en complétant la loi 599 de 2000 par l’article suivant :

Article 188F. Exploitation reproductive par gestation pour autrui.

Quiconque, directement ou par l’intermédiaire d’un tiers, ou en qualité de membre, d’administrateur, de financier, de collaborateur ou de représentant d’une organisation, d’un organisme, d’une clinique, d’un centre médical, d’une entreprise commerciale ou d’un réseau national ou transnational, promeut, propose, facilite, négocie ou finance des conventions ou des contrats de gestation pour autrui, recrute, transporte, héberge ou accueille une femme en vue qu’elle porte et accouche d’un enfant destiné à être remis au commanditaire de la gestation pour autrui ou à toute autre personne, est passible d’une peine d’emprisonnement de cent vingt (120) à cent quatre-vingt-douze (192) mois et d’une amende de cinq cents (500) à mille cinq cents (1 500) fois le salaire minimum mensuel en vigueur.

La même peine s’applique à quiconque fait la publicité, la promotion, la diffusion ou propose, par quelque moyen physique, numérique ou technologique que ce soit, des services, des contrats, des programmes, des organismes ou des forfaits médicaux, touristiques ou juridiques destinés à des arrangements de gestation pour autrui sur le territoire national ou à l’étranger.

La mère porteuse qui porte ou a porté un enfant dans le cadre d’une convention de gestation pour autrui n’est pas pénalement responsable de cet acte.

L’article 4 prévoit un certain nombres de circonstances aggravantes et l’article 5 sanctionne le recours par des citoyens colombiens à la GPA, quel qu’en soit le type et la forme, même si l’acte a été commis en tout ou en partie hors de Colombie.

L’article 6 du projet déclare que les contrats ayant pour objet la gestation pour autrui sont nuls et non avenus, sans qu’il soit nécessaire d’obtenir une décision de justice, quels que soient leur nom, leur forme ou leur mode de conclusion.

Il précise que la mère des enfants conçus ou nés en Colombie est la femme qui les porte et accouche.

Enfin, l’article 7 prévoit la protection de la mère porteuse: l’État garantit aux femmes ayant porté ou portant un enfant dans le cadre d’une convention de gestation pour autrui la protection intégrale de leurs droits, notamment l’accès à des soins médicaux, psychologiques, juridiques et sociaux, ainsi qu’à des programmes visant leur insertion sociale et professionnelle dans des conditions dignes, sans préjudice des poursuites engagées contre celles et ceux qui promeuvent, facilitent, financent, font la publicité, servent d’intermédiaires ou exploitent la pratique de la gestation pour autrui.

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